Mutilator, de Richard Christian Matheson



Note au jour le jour.


14 Octobre :

Je saigne. Je m'entends saigner. J'écoute jusqu'à ce que le bruit rouge s'arrête. Le sang à besoin de se reposer.

16 Octobre :

Quelqu'un ma fait mal aujourd'hui. Ils me font toujours mal. Ils s'en moquent.

22 Octobre :

Je déteste tout le monde. J'essaie de toutes mes forces. C'est l'heure de saigner.

29 Octobre :

Minuit. Je me sens seul. J'appuie le couteau dans ma peau. La lame est froide. Je la laisse se promener dans la chair. Ferme les yeux. M'allonge. La marée chaude déferle sur ma peau. Je suis à l'abris.

30 Octobre :

Je suis triste. Je me déteste. Je veux dormir. Comment ça a pu m'arriver ?

5 Novembre :

Encore une journée horrible. J'attends que le sang coule, qu'il me rende visite, à la lumière. Il sort timidement, il a peur du jour. Mais je sais qu'il veut que je l'attende. Il veut un ami. Je l'étale sur ma paume. Lui souris. Le fais couler. Il aime jouer. Avant qu'il ne s'endorme et meure, je le lèche. Il rentre retourne à l'intérieur. Descend le long de ma gorge, dans les tuyaux sombre. Chez lui.

11 Novembre :

Je ne peux être avec personne. Je ne veux pas qu'ils voient mon corps. Les courbes de cicatrices, les angles brulés. Mes souvenirs secrets. Je suis heureux avec mes entailles et mes douleurs. J'écoute la peau qui guérit.

17 Novembre :

Je suis en colère. Je rouvre mes coupures. J'ai besoin de compagnie. Le sang sort me dire bonjour. Sa timidité lente me rend impatient Je pince la peau. J'arrache les croutes. Debout devant le miroir, je me regarde devenir rouge. Je dors nu sous des draps propre. Je sens la douce succion du coton qui boit. Je dors.

24 Novembre :

Ils m'ont fait mal, encore, aujourd'hui. Pourquoi ils me font mal ?

10 Décembre :

Je me suis brulé avec des produits chimiques, une fois de plus. J'ai laissé le liquide me bruler les bras, les parties. La figure. Ça m'apaise. Ça siffle comme la pluie. L'odeur est parfumée. Pour Noël, je sais ce que je veux.

24 Décembre :

Soir de Noel. J'ai enveloppé les cadeaux que je me suis fait. C'est bien, les vacances. Là, il n'y a pas à compter sur la famille ou les amis. Ils s'en fichent. M'appellent jamais. Ne m'ont jamais aimé. Ils me rejettent. Pourquoi les autres ne m'aiment pas comme je m'aime ?

25 Décembre :

Nouveau ciseaux. Ils mordent la peau, cherche l'os. Chasseurs luisants, qui traquent tissu et liquide. J'ouvre mon autre cadeau. Je le branche, j'écoute le métal qui cliquette. Je me déshabille et l'appui sur ma cuisse. La chair fond. Je suis barricadé contre le monde. J'aimerais bien avoir des amis. C'est pas grave. Je suis en sécurité, au chaud. C'est Noël et je saigne. Personne ne me comprend. Ça a toujours été comme ça. Mais je suis en sécurité. Bien au chaud. Je me rends compte de la chance que j'ai. dans un monde pleins de cruauté et de malheur, je ne suis jamais seul. Ne souffre jamais.

2 Janvier :

Une nouvelle année. J'écoute ma peau guérir. J'attends de saigner.

1992. Richard Christian Matheson.
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# Posté le vendredi 25 décembre 2009 14:54

Le passé

Je viens de faire un tour dans son Disque Dur externe, et comme bien souvent dans ces moments là le passé refait surface :

J'ai quand même eu du mal à me faire à l'idée que tout ceci était foireux. Je me souviens de ces journées, seul avec mes pensées ou de ces explications toute plus contradictoires les unes des autres. Je me souviens d'une haine incontrôlable, je me souviens d'une colère dévastatrice. J'ai failli ne jamais arrêter l'hémorragie.

Je n'étais qu'un pantin désarticulé que l'on gigoté en tout sens.

Je me souviens de cette séance chez le tatoueur comme pour me fabriquer une carapace à l'aide d'un signe chinois qui ne signifie finalement pas grand-chose pour bon nombre des personnes qui m'entour. Je me souviens de cette soirée passé, avec une âme perdu comme la mienne, à m'enfiler cette bouteille de whisky, histoire d'obtenir de mon esprit en échange, un répit de quelques heures : Je me souviens d'ailleurs que ça n'a aidé en rien, je me trouvais encore plus désorienté.

Je me souviens de beaucoup de chose mais plus vraiment de la façon dont laquelle j'ai pu rassembler mes forces pour extirper la lame logé dans mon dos, la façon dont je m'y suis pris pour sucer le venin qui me coulait dans les veines.

Mais bordel Dieu j'ai drôlement été inspiré ce jour là.

# Posté le jeudi 08 octobre 2009 16:04

On rencontre un matin, on apprécie le midi, on aime le soir puis on oublie la nuit... demain grâce mat' pour rien avoir à oublier...
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# Posté le dimanche 28 décembre 2008 09:13

Modifié le dimanche 04 janvier 2009 16:08

Nous ne sommes tous que des figurants dans la vie des autres, atténuant temporairement l'absence des premiers rôles...

# Posté le dimanche 07 décembre 2008 18:59

Modifié le mardi 23 décembre 2008 15:41

Roman D'une Vie... Vie D'un Roman

Roman D'une Vie... Vie D'un Roman
Ma vie est semblable à un de ces vieux romans jaunis, délaissés et inaccessibles en haut d'une étagère poussiéreuse, doté d'une couverture peu enviable, d'un titre plutôt banal et d'un style franchement mauvais.

Un jour, une âme a tournée la couverture et sans attentes particulières, a feuilletée quelques pages et y a lu quelques lignes. Je présume que la découverte qu'elle en a fait à du lui plaire car par la suite, ce bouquin à susciter un engouement sans précédent, et de nombreuses personnes se sont intéressé à lui et en ont apprécié le contenu. Tous le manipulant avec grande délicatesse...

Mais ce même contenu à fortement déplu à un être influent, et plus vite qu'il n'en avait fallu pour en faire son éloge, l'œuvre s'est alors retrouvé au milieu d'une déferlante de critique négative. L'intérêt fut tout autre et toutes les personnes qui l'avaient apprécié s'empressèrent de le corner et de le déchirer.

L'acharnement s'estompa alors et affaibli et meurtrit on le laissa de nouveau dans l'indifférence.

Depuis il guète ses semblables subir ce même sort, attendant de voir un jour une âme bien différente des autres lever les yeux sur lui, le saisir et l'emporter avec elle.
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# Posté le mardi 10 juin 2008 17:48